Fils de Naymeisys
Histoires de Myrnithron écrit en Aout de l'an 123
De Nyleria à Nasta, Vie de Myrnithron (2)
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Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis qu’il avait quitté Trinestia. C’est ainsi qu’il avait nommé la bâtisse en la mémoire de ses parents. C’était en effet le nom que portait leur royaume où ils avaient vécu jadis, sur l’île d’Ellohir. Une île, dont seuls les anciens se souvenaient, aujourd’hui disparue après une catastrophe qui l’avait vu fusionner avec l’île d’Oriande. Tout le monde les avait cru mort après ça, mais il n’en était rien, le couple c’était réfugié sur l’île de Nyleria. C’est peu de temps après que Myrnithron était né.
Le port de Nyleria était maintenant visible, le crépuscule était tombé sur l’île. Le mage décida de faire une halte pour la nuit, il gagnerait le port en toute discrétion à l’aube. Il grignota donc quelques herbes et un peu de viande séchée avec Fuïn, puis s’endormit sous le ciel étoilé par une lune qui en était à son dernier quartier. La nuit fut d’un calme plat à l’exception de quelques grillons qui frottaient leurs élytres. Avant même que le soleil n’est pointé à l’horizon, il reprit sa route. Depuis son départ de Trinestia, il n’avait point rencontré âme qui vive, les habitants devaient être trop occupés à se rendre dans les cavernes pour se protéger de la tempête qui arrivait ou à préparer leur départ. Les inconscients, ne savaient-ils point encore qu’ils ne pouvaient en réchapper.

Il n’était pas venu à Terfausse depuis bien longtemps. Lui-même ne saurait dire quand il était venu pour la dernière fois, ce qu’il savait, c’est que son père était encore de ce monde. Il se dirigea comme il put vers le port, il lui suffisait de suivre le bruit des mouettes qui se comptaient par millier. Le bateau qu’il devait rejoindre se nommait « Carthago ». Les quais étaient vastes et peu de monde y faisait figure de présence. Quelques pécheurs ou matelots préparaient leur bateau. Il n’eut pas de mal à rejoindre discrètement le navire qui semblait bouger sous les va et vient des matelots qui s’attelaient sur le pont à le préparer. Rhodd était encore à terre. Myrnithron se dirigea vers lui, le salua puis sans dire mot monta à bord. Le navire prendrait l’eau dans peu de temps, il devait se placer à une vingtaine de miles du port, afin de ne pas être confronté à la panique des autochtones à l’approche de la date fatidique et ainsi voir quand les navires impériaux partiraient. Dans deux jours en cet été de l’an 119, l’empire que tous avaient connu disparaitrait.

Alors que le soleil baignait le port de ses premiers rayons, le bateau fut détaché, l’ancre levée et il prit le large. La mer était calme et la chaleur déjà pesante en ce début de journée. Ils voguèrent toutes voiles dehors pendant un long moment, le vent était si léger, que le navire semblait ne point avancer. Ils jetèrent l’ancre une fois en position. Deux jours s’écoulèrent au son des vagues qui claquaient sur la coque. Trois pirates à bord d’une chaloupe, avaient bien essayé de pénétrer le Carthago à des fins de pillage. Malheureusement pour eux l’équipage était suffisamment armée et aussi dangereux qu’eux pour ne point les laisser repartir en vie. Ils furent tous trois jetés par-dessus bord, la gorge ouverte. Ce fut le seul événement qui dérangea le quotidien des matelots. Myrnithron, n’avait quand à lui, point quitté sa cabine depuis leur départ du port.

Le jour J, tous étaient prêts, les navires impériaux, s’étaient remplis. Des seigneurs, dames, créatures en tout genre avaient déferlé de toute part de l’île pour les rejoindre. Certain qui ne pouvaient pas quitter l’île, étaient venus saluer ceux qui partaient. Les immenses bateaux prirent la mer en début d’après midi par ce mois de juillet de l’an 119. Quand ils arrivèrent à porté du Carthago, celui-ci leva les voiles et suivit la flotte impériale. Vers quoi il se dirigeait, nul ne le savait, ce qui était sûr c’est qu’il fallait fuir cette vague qui allait s’abattre sur l’empire. Le mage avait retrouvé son regard flamboyant, un doux sourire se dessinait sous son masque. Il avait pour l’occasion rejoint le pont afin de voir son œuvre s’abattre enfin. Tant d’années c’étaient écoulées depuis la disparition de son père.

On la vit arriver de loin, immense, bien loin des spéculations qui avaient été prédit par des devins de pacotille. Elle recouvra l’île complètement. Depuis les bateaux à plusieurs dizaines de miles, on put voir l’île disparaitre sous les eaux. La vague continua son chemin, mais avec une intensité moindre. Les bateaux furent chahutés de toute part, des caisses mal arrimées et même des créatures, passèrent par-dessus bord. Il fallut un bon moment pour que tout revienne à la normal. Les navires étaient suffisamment résistants et étendus pour supporter les remous. Myrnithron était resté sur le pont, il n’avait pas bougé d’un pouce, solidement arrimé comme si des cordes invisibles le maintenaient. Il s’avouerait sa victoire intérieurement, c’était encore plus grand, que ce qu’il avait voulu provoquer. Une nouvelle vie l’attendait maintenant, celle d’un mage qui allait user de sa magie pour se faire une réputation qui ferait très vite le tour de l’endroit où les rescapés s’implanteraient. Il dresserait rapidement des armées de liches et de dragons afin de parcourir les terres nouvellement découvertes.

Plusieurs jours s’écoulèrent avant d’apercevoir ce qui semblait être des terres. Il apparaissait même qu’il y avait non pas une île mais deux. Les ministres qui avaient survécu, prirent tout de suite des décisions quand aux noms de ces îles et la population qui irait sur l’une ou sur l’autre. Du pont, Myrnithron observait le phœnix balayait le ciel et donner les ordres. Il lui aurait bien lancé une incantation qui lui aurait brulé les ailes, mais ce qu’il avait accompli avec, ce qu’on nommerait à jamais le T.S.U.N.A.M.I., le satisfaisait pleinement et il pouvait considérer sa vengeance contre l’empereur révolue. De nouvelles choses l’attendaient.

L’équipage ne tarda pas à se consulter à savoir s’ils devaient aller en Tecil ou en Nasta. C’était apparemment les noms qui avaient été choisis, d’après ce qu’on avait pu entendre, malgré la distance qui les séparait des bateaux. Le mage les regarda. Cela suffit à les mettre d’accord, ce serait Nasta … Il était désormais temps de se séparer des autres navires et de voguer à la découverte de cette nouvelle terre. Le soleil avait rejoint l’horizon, la nuit tombait. Quand le Carthago toucha terre, le soleil avait disparu, pour laisser place à la lumière de la lune.

Myrnithron échangea quelques mots avec Rhodd. Le pacte qu’il avait passé était maintenant révolu. Chacun pouvait maintenant prendre un chemin sans se préoccuper de l’autre. Il débarqua donc dans le sable encore chaud et disparu dans le paysage luxuriant qui s’offrait à lui. Mais nul doute, que le peuple Nastan entendrait bientôt parler de celui qui pendant quarante ans c’était exilé.

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